27 janv. 2008

L'Europe des nouveaux partis anticapitalistes

Jacques Attali, magicien


(25 janvier 2008)


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« Tout ce que vous proposerez, je le ferai », avait promis
M. Nicolas Sarkozy au moment de confier à M. Jacques Attali
la responsabilité d'un rapport destiné à « libérer la
croissance française ». Le président de la République a-t-il
une fois de plus pris la mesure de son impulsivité - et de
son imprudence ? En tout cas, deux des principales
recommandations de la commission Attali - la suppression du
département et l'abandon du « principe de précaution » dans
le domaine de l'environnement - ont d'ores et déjà été
remisées aux oubliettes par le chef de l'Etat. Il en reste
trois cent quatorze. Dont deux au moins qui
représentent des monuments de cautèle politique et sociale :
la possibilité « [offerte] à chacun de retarder, s'il le
désire, son départ à la retraite », la faculté pour les
parents « de choisir librement le lieu de scolarisation de
leurs enfants ». « S'il le désire », « librement » : comment
s'opposer à tant de libéralité ?

D'emblée, plusieurs éléments frappent dans ce rapport.
D'abord ses quarante-deux auteurs. Presque tous
étant des libéraux, il n'est pas très étonnant qu'ils aient
enfanté un diagnostic... libéral de l'état de l'économie
française. « Le rapport suscite la polémique, tant il veut
aller loin dans la déréglementation », admet d'ailleurs « Le
Figaro » (24 janvier), a priori peu hostile à ce genre
d'orientation. Le fait que M. Jacques Attali,
présumé de gauche parce qu'il a été l'un des principaux
conseillers de François Mitterrand à l'Elysée, dirige cette
commission, participe néanmoins à l'effet de brouillage
politique dont M. Sarkozy est friand : rien de tel que de
placer des socialistes à la tête de commissions ou même dans
le gouvernement pour faire passer des orientations qui,
elles, ne le sont pas du tout. Il y a près de quinze ans, le
premier ministre d'alors Edouard Balladur - le mentor
politique de M. Sarkozy - avait lui aussi confié à un
intellectuel médiatique présumé de gauche, M. Alain Minc, la
charge de réfléchir, avec une équipe prétendument
pluraliste, à « la France de l'an 2000 ». La commission
comprenait trois futurs ministres de M. Jean-Pierre
Raffarin, ainsi que M. Raymond Soubie, l'actuel
conseiller social à l'Elysée du président Sarkozy.

En 2003, alors qu'il était ministre de l'économie et des
finances, M. Sarkozy lui-même chargea M. Michel Camdessus de
réfléchir une fois de plus à la croissance jugée
insuffisante de l'économie française. Et, là encore, selon
le principe inusable du pâté d'alouette, un quarteron de
personnalités de gauche servit de caution pluraliste à un
rapport destiné à promouvoir un peu plus dans les médias -
et à faire avancer dans l'opinion - des thématiques de
droite. Pour en mesurer les conséquences, il suffit de
rappeler que l'idée principale qui se dégagea du rapport
Camdessus fut celle... du « travailler plus pour gagner
plus ».

Mme Ségolène Royal ne semble pas avoir pris la mesure du
danger. Ou alors, elle ne s'en soucie plus : n'a-t-elle pas
déjà pris l'habitude de ce genre d'audace en faisant appel à
Bernard-Henri Lévy lors de sa campagne électorale du
printemps dernier ? Quoi qu'il en soit, embarrassant
certains de ses amis politiques, Mme Royal a apporté sa
caution au rapport Attali, estimant que les membres de la
commission constituaient « une équipe d'une grande
intelligence » (ce qui est assez probable) et « d'une grande
diversité » (ce qui est rigoureusement faux). « Donc c'est
cadeau, a conclu l'ancienne candidate de gauche à l'élection
présidentielle, C'est sur la table, c'est pour aider la
France. »

... Lire la suite de cet article inédit de Serge HALIMI :

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-01-25-Attali

ainsi qu'une sélection d'articles de nos archives.

In Info-Diplo (Le Monde Diplomatique)

BE no Congresso da LCR em Paris


Para informação: dois dirigentes do Bloco de Esquerda (Alda Sousa e Renato Soeiro) estiveram em Paris onde assistiram ao 17° congresso da LCR. Visto o tempo disponivel dos companheiros (reuniões,encontros diversos) não foi possivel tentar organizar um encontro com os companheiros. Tive a oportunidade de os encontrar visto que eu estava no congresso. Os companheiros chegaram na sexta e foram embora no sabado.
Podem ver e ouvir as declarações de Alda Sousa (em francês) no vídeo que podem consultar em: http://www.lcr-rouge.org/ sob o titulo "L’Europe des nouveaux partis anticapitalistes". Junto envio algumas fotos com os companheiros no congresso.
A delegação do BE (Alda Sousa) foi entrevistada para a radio Alfa (98.6 FM) de Paris que podem ouvir na Internet (http://www.radioalfa.net) amanhã segunda-feira dia 28 de Janeiro às 18h ,emissão "Alfa 18" (hora de Paris,17h hora de Portugal).
Abraço
Fernando Batista

Agradecimentos ao Fernando Batista

João Aguiar - O Jardim das delícias


Este romance de João Aguiar saiu em 2005, e foi-me enviado pelo o meu amigo Manuel, de Aveiro. O assunto está mais de que nunca na actualidade: uma Europa da Finança e dos tecnocratas, ao serviço do dinheiro, desumana, arrasando as culturas, os Serviços Públicos e as pessoas...
Será ficção ou realidade?

Morte do ditador Suharto

Hoje tive uma noticia excelente: finalmente morreu o ex-ditador indonésio Suharto que organizou o genocídio do povo timorense em 1999...

Tradição, cultura, resistência à globalização

"Matança do porco", iluminura do Livro de Horas de D. Manuel I
Século XVI

26 janv. 2008

Pat Kay nas LibéROCK Session's



As l’ IbéROCK Sessions começam já dia 2 de Fevereiro
Após uma passagem pela Alemanha (com um acolhimento muito entusiasta), Pat Kay regressa aos palcos franceses, integrando as l’IbéROCK Sessions.
Dia 2 de Fevereiro, na sala 3 Arts, em Paris.
Palco partilhado com a banda CPoupa (www.myspace.com/cpoupa)
Próximos concertos de Pat Kay :
Dia 9 de Fev, no famigerado OPA (Paris)
Dia 18 de Abril na La Scène Bastille (Paris)
Entretanto, será lançado o disco a solo do artista, com uma digressão por vários países, dentro dos quais Portugal e Espanha.
Fiquem atentos : www.myspace.com/bethekay

Sarkoland, Bushland, No man's land...



23 janv. 2008

Couple Coffee & Júlio Pereira - Os vampiros

BE lança petição em defesa do SNS

Em defesa do Serviço Nacional de Saúde geral, universal e gratuito

View Current Signatures - Sign the Petition
To: Presidente da Assembleia da República
A actual política de saúde, em especial o encerramento de serviços e o corte de despesas necessárias ao seu bom funcionamento, tem degradado o Serviço Nacional de Saúde: o acesso é mais difícil e a qualidade da assistência está ameaçada.

O SNS é a razão do progresso verificado nas últimas décadas na saúde dos portugueses. Ao serviço de todos, tem sido um factor de igualdade e coesão social.

Os impostos dos portugueses garantem o orçamento do SNS e permitem que a sua assistência seja gratuita. Não é legítimo nem justificado exigir mais pagamentos.

Os signatários, reclamam da Assembleia da República o debate e as decisões políticas necessárias ao reforço da responsabilidade do Estado no financiamento, na gestão e na prestação de cuidados de saúde, através do SNS geral, universal e gratuito.
Sincerely,

The Undersigned




View Current Signatures

20 janv. 2008

BERNARD LAVILLIERS - Solitaire

Manière de voir

Manière de voir 97                       FÉVRIER - MARS 2008



LA BATAILLE DES LANGUES

En vente en kiosque : 7 euros


s o m m a i r e


http://www.monde-diplomatique.fr/mav/97/

Numéro coordonné par Bernard Cassen

* Cette arme de domination...
Bernard Cassen
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/97/CASSEN/15551


1. UNE VISION DU MONDE

Il faut être naïf ou ignorant pour ne voir dans une langue
vivante qu'un outil de communication, comme le sont les
langues artificielles. Au-delà des barrières sociales, et
comme le démontrent d'innombrables travaux de
neurophysiologistes et de psychologues, elle ne se réduit
pas à un simple code pour l'échange d'informations, mais
elle constitue le creuset même de l'identité de chacun.
Comme a pu l'écrire Régis Debray, « elle n'est pas un
instrument, mais un milieu de vie, le fil d'or d'une
vitalité longue et singulière ». On ne voit pas et on ne
pense pas le monde, pas plus que l'on ne crée ou n'invente,
de manière identique à travers le prisme du norvégien et à
travers celui du quechua ou du chinois.

* Adorno et l'allemand
Jacques Derrida

* Parler arabe, mais en Rolls ou en Wolkswagen ?
Edward W. Said

* Résistance du catalan
Víctor Gómez Pin

* A Malte, l'expression est histoire
Martine Vanhove

* Culture wallonne ou culture francophone ?
Serge Govaert

* Une expression de la lutte des classes au Québec
Jacques Cellard


II. LE DÉPASSEMENT D'UN « MOI DIVISÉ »

Parmi les séquelles de toute colonisation, la question
linguistique est celle qui n'a jamais pu trouver de réponse
complètement satisfaisante. Les puissances coloniales -
américaine (à Porto Rico), belge (au Congo) ou, dans leurs
empires respectifs, britannique, espagnole, française et
portugaise - ont, à des degrés divers, imposé l'usage de
leur langue à des populations qui en parlaient une ou
plusieurs autres.

Pour les écrivains, le choix était douloureux : soit,
lorsqu'ils la maîtrisaient, écrire dans une langue
« nationale », donc la valoriser, mais en acceptant de ne
trouver qu'un petit nombre de lecteurs et de ne pas
bénéficier d'une reconnaissance extérieure ; soit écrire
dans la langue du colonisateur et, d'une certaine manière,
« trahir » un peu les siens.

* « Cicatriser mes blessures mémorielles... »
Assia Djebar

* Divergences coloniales sur l'enseignement du vernaculaire
Robert Cornevin

* Ni « petit-nègre » ni « petit-français »
Mwatha Musanyi Ngalasso

* La patrie littéraire du colonisé
Albert Memmi

* La dignité retrouvée du guarani au Paraguay
Ruben Bareiro-Saguier

* Des « métèques » dans le jardin français
Tahar Ben Jelloun


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OFFRE SPÉCIALE : LE CONTRÔLE DES ESPRITS

Dans nos sociétés développées, la démocratie devient
dangereuse pour les gouvernants : le peuple a trop
tendance à se mêler de ce qui le regarde. Pour éviter
de telles « dérives », le contrôle des esprits est
devenu un enjeu majeur.

Trois numéros de « Manière de voir » éclairent différentes
facettes de cette stratégie.

* N° 71 : « Obsessions sécuritaires ». Une dérive autoritaire
au nom de la lutte contre de multiples menaces - terrorisme ou
délinquance.

* N° 80 « Combat pour les médias ». Les risques de la prise de
contrôle des médias par les puissances de l'argent ; la place
d'Internet ; les multiples résistances citoyennes.

* N° 96 : « La fabrique du conformisme » : divertissement,
consommation, management. Comment captiver les masses, séduire
le client et motiver le travailleur.

Avec ce lot, nous vous offrons le n° 88, « Cinémas engagés »,
qui propose un vaste survol de films et de leur impact, de
« Potemkine » à « Titanic », en passant par le cinéma africain,
israélien, palestinien, québécois, coréen, indien, etc.

Pour commander :
http://www.monde-diplomatique.fr/boutique/controle

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III. RÉPONSES DE LA FRANCOPHONIE

S'il est un terme qui irrite fortement une bonne partie des
journalistes, publicitaires, essayistes de plateaux de
télévision et grands patrons, c'est bien celui, terriblement
ringard pour eux, de francophonie. Ils sont rejoints par des
porte-parole de groupes se revendiquant de la gauche, de
l'altermondialisme et de l'extrême gauche qui le cataloguent
comme un vestige néocolonial et comme un faux nez de la
« Françafrique ». La plupart ignorent que c'est à
l'initiative non pas de Paris, mais de capitales africaines,
qu'a été créée en 1970 à Niamey (Niger) la première
structure intergouvernementale regroupant à l'époque vingt
et un Etats francophones : l'Agence de coopération
culturelle et technique. Il y a une dizaine d'années,
l'Agence s'est transformée en Organisation internationale de
la francophonie (OIF), rassemblant actuellement
soixante-huit membres « ayant le français en partage ».

* Solidarité et multipolarité planétaires
Ignacio Ramonet

* L'épreuve de la liberté
Philippe de Saint Robert

* Le plus court chemin vers l'universel
B. C.

* Entre le « tout Coca-Cola » et le « tout ayatollah »
Stélio Farandjis

* Une jambe qui manque
Michel Guillou

* Au service du pluralisme culturel
Abdou Diouf


IV. LA CHAPE DE L'ANGLAIS

Dans son « Combat pour le français », Claude
Hagège cite l'écrivain britannique T. B. Macaulay, qui, en
1835, assignait à la colonisation de l'Inde la mission de
former « une classe d'individus indiens de sang et de
couleur, mais anglais par leurs goûts, leurs opinions, leurs
valeurs et leur intellect ». Un peu moins de deux siècles
plus tard, l'entreprise de colonisation des esprits des
« élites » - qui disent aux peuples ce qu'ils doivent
penser - est devenue planétaire. Elle sert moins les
intérêts politiques du Royaume-Uni que ceux des Etats-Unis,
en tant que promoteurs et premiers bénéficiaires de la
mondialisation néolibérale. Mais elle a toujours comme
principal vecteur la diffusion de l'anglo-américain. Hagège
montre bien la « solidarité naturelle » qui, depuis Adam
Smith et David Ricardo, « unit l'idéologie libre-échangiste
et la langue anglaise ».

* La langue-dollar
B. C.

* L'utile avant le beau, un choix de civilisation
Philippe Lalanne-Berdouticq

* Un abus de position dominante
Pierre Lelong

* La hantise des laboratoires : « to be » ou ne pas être ?
Philippe Lazar

* Sarcasmes médiatiques contre la loi Toubon
B. C.

* La science comme elle se parle...
Jean-Marc Lévy-Leblond

* Anglicisation forcenée dans les entreprises
B. C.


V. DES STRATÉGIES DE RÉSISTANCE

Langue et politique sont intimement liées. C'est ce que
n'ont toujours pas compris certains linguistes qui croient à
une sorte de « marché » naturel des langues. Ils consignent
la montée de telle d'entre elles et la disparition de telle
autre à la manière dont les opérateurs suivent les hauts et
les bas des cours de la Bourse. La notion de politique
linguistique les choque, car elle interfère avec la « main
invisible » régulant ce « marché » qui constitue leur corpus
de recherche. Ils oublient que les Etats, lorsqu'il faut
sauver les investisseurs au détriment du contribuable,
renflouent les institutions financières défaillantes. Dans
une visée plus respectable, ce sont aussi les Etats qui, par
leurs interventions, ont permis à certaines langues
(hongrois, finnois, tchèque, estonien, hébreu israélien) de
survivre ou de s'adapter à la modernité.

* Une idée en marche, la latinité
Philippe Rossillon

* Entre locuteurs de langues romanes, on peut toujours se
comprendre
B. C.

* Esprit de famille
Françoise Ploquin

* Un multilinguisme émancipateur
José Vidal-Beneyto

* Bruxelles devrait être une vitrine
B. C.


CARTOGRAPHIE

Cécile Marin

* Les langues officielles
* La francophonie
* Les pays anglophones


COMPLÉMENTS DOCUMENTAIRES

* Cinq millénaires d'aventure des écritures

* Me réapproprier le malgache
Jean-Luc Raharimanana

* Les grandes organisations linguistiques

* L'esprit de la francité,
discours de Léopold Sédar Senghor

* Le Forum francophone des affaires

* Le protocole du renoncement
B. C.

* Le Prix de la carpette anglaise

* Une communauté du regard,
discours de François Mitterrand

* Des confins au centre de la galaxie
B. C.

A lire
Sur la Toile
Olivier Pironet


ICONOGRAPHIE

Les photographies de Thomas Bilanges ont été réalisées lors
d'un atelier de jeunes malentendants animé par Marie de
Ramefort au Musée des années trente, à Boulogne-Billancourt.
Ces enfants racontent dans leur langage un conte librement
réadapté, « L'Enfant d'éléphant », extrait d'« Histoires comme
ça », de Rudyard Kipling (Gallimard, collection « Folio
Junior »). Boris Séméniako a conçu la couverture et les
ouvertures de chapitre de ce numéro.


Retrouvez toute la collection de « Manière de voir » :
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/

Les anciens numéros sont désormais en vente sur
notre boutique en ligne :
http://boutique.monde-diplomatique.fr/


Récemment sur notre site :

* « La guerre selon Charlie Wilson », par Chalmers Johnson
« La valise diplomatique », 15 janvier 2008.
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-01-15-La-Guerre-selon-Charlie-Wilson

* Guerre d'Irak, comment en sortir ?, par Alain Gresh
« Nouvelles d'Orient », 15 janvier 2008.
http://blog.mondediplo.net/2008-01-15-Guerre-d-Irak-comment-en-sortir

* Gestion de l'eau : entre conflits et coopération
par Philippe Rekacewicz et Salif Diop
« Visions cartographiques », 14 janvier 2008.
http://blog.mondediplo.net/2008-01-14-Gestion-de-l-eau-entre-conflits-et-cooperation


L'observatoire de l'institutionnalisation de la xénophobie

14 janvier 2008

Inauguration du site de

L’observatoire de l’institutionnalisation de la xénophobie
Observ.i.x

http://observix.lautre.net/

Recherches en sciences humaines et sociales


L’observatoire de l’institutionnalisation de la xénophobie (Observ.i.x) est un collectif de recherches en sciences de l’humain et de la société créé, face aux amalgames gouvernementaux de l’identité nationale et de l’immigration. Il vise à favoriser l’autonomie de la production intellectuelle, des savoirs scientifiques et de leur diffusion en ce qui concerne l’érosion des perceptions humanistes de l’altérité et la stigmatisation de l’étranger comme problème, risque ou menace dans le fonctionnement ordinaire d’autorités instituées (ministérielles, administratives, judiciaires, médiatiques, scientifiques, intellectuelles, scolaires, économiques, partisanes, associatives...). Il étudie également le développement de la xénophobie dans l’ensemble de la population sous l’effet des discours et des actes de ces autorités.

Observatoire de l’institutionnalisation de la xénophobie ( Observ.i.x - http://observix.lautre.net )
Appel à contributions : « Institutionnalisation de la xénophobie en France » - Echéance de réponse : 30 janvier 2008

Appel à contributions


Institutionnalisation de la xénophobie en France
Regards croisés sur la construction politique de l’étranger

Appel ouvert tant aux travaux inédits qu’aux recherches ayant déjà fait l’objet, en tout ou partie, de publications antérieures – Pré-réponse avant le 30 janvier 2008 ; texte définitif à rendre le 30 mars 2008 pour publication dans la revue en ligne Asylon(s) en avril 2008 ; colloque international les 30 et 31 mai 2008 à l’Assemblée Nationale (sous réserve) ; livre collectif fin 2008.

Le comité scientifique opérant la sélection des réponses et des contributions définitives est le Groupe de Pilotage de l’observatoire élu par les chercheurs et travaillant sous leur contrôle (cf. : http://observix.lautre.net) : Marc Bernardot, Jean-Baptiste Duez, Speranta Dumitru, Nacira Guénif, Nicolas Hossard, Benoît Larbiou, Olivier Le Cour Grandmaison, Roselyne Rochereau, Serge Slama, Jérôme Valluy.



L’observatoire de l’institutionnalisation de la xénophobie (Observ.i.x) est un collectif de recherches en sciences de l’humain et de la société créé après l’apparition en France du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Cet observatoire fonctionne comme un laboratoire de sciences humaines et sociales, avec pour finalité principale, de favoriser l’autonomie de la production intellectuelle, des savoirs scientifiques et de leur diffusion dans un secteur de recherche dont les institutions publiques et les politiques de la recherche ne favorisent ni le développement, ni l’autonomie.

A titre de définition préalable nous entendons par « xénophobie », l’ensemble des discours et des actes tendant à désigner l’étranger comme un problème, un risque ou une menace pour la société d’accueil et à le tenir à l’écart de cette société, que l’étranger soit au loin et susceptible de venir, ou déjà arrivé dans ce pays ou encore depuis longtemps installé. Le domaine d’observation inclut l’ensemble des phénomènes qui participent à l’érosion des perceptions humanistes de l’altérité et à la stigmatisation de l’étranger comme problème, risque ou menace dans le fonctionnement ordinaire d’autorités instituées (ministérielles, administratives, judiciaires, médiatiques, scientifiques, intellectuelles, scolaires, économiques, partisanes, associatives...) ainsi que le développement de la xénophobie dans la population sous l’effet des discours et des actes de ces autorités.

Les soixante chercheurs qui participent à cet observatoire, de par les compétences acquises dans leurs travaux de recherche antérieurs, souvent depuis de nombreuses années, sont en mesure de traiter un certain nombre de sujets relatifs à l’institutionnalisation de la xénophobie. Ces sujets ont été regroupés en quatre axes thématiques (1. Identité nationale, xénophobies, discriminations : représentations et perceptions de l’altérité ; 2. L’immigration comme "problème" : construction et institutionnalisation ; 3. Diversité des formes d’institutionnalisation de la xénophobie : institutions publiques, référents professionnels, dispositifs sociaux... ; 4. Multiples "Codéveloppements"... des économies, des migrations et des xénophobies). Les travaux déjà engagés sont présentés sur le site : http://observix.lautre.net/spip.php?rubrique4.

Cependant les premières réunions de travail ont fait apparaître la nécessité de compléter les compétences réunies par des contributions portant sur des thèmes importants dans la délimitation et la construction de ce domaine d’étude mais que les chercheurs de l’observatoire ne couvrent pas suffisamment par leurs travaux. Tel est l’objet du présent appel à contributions qui est ouvert non seulement aux travaux inédits mais aussi aux contributions fondées sur des recherches achevées ayant déjà fait l’objet, en tout ou partie, de publications antérieures. C’est moins le caractère inédit des contributions qui intéresse l’observatoire dans cette démarche initiale que leur fiabilité méthodologique et leur adéquation au domaine d’observation. Les textes de contribution seront de 15000 à 30000 signes mais pourront être d’un volume supérieur. Les propositions ne porteront pas nécessairement que sur la France, les comparaisons spatiales et historiques étant les bienvenues. Toutes les disciplines et spécialités de sciences humaines et sociales sont sollicitées par le présent appel qui est ouvert a toute personne souhaitant réaliser de telles recherches quel que soit son statut professionnel.


Thème n°1 : De la colonisation à la lutte antimigratoire : transferts idéologiques et technologiques

L’institutionnalisation de la xénophobie à la fin du XXème siècle, au vu des derniers travaux de recherches historiques, semble liée à des transferts de différents dispositifs juridiques, politiques, éducatifs, médicaux, sociaux ou urbanistiques - cette liste n’est pas exhaustive - élaborés et mis en oeuvre dans les colonies puis appliqués en métropole aux "colonisés immigrés" puis, après les indépendances, aux immigrés. L’une des hypothèses de recherche étant, par exemple, que certaines dispositions du droit des étrangers aujourd’hui en vigueur aurait des origines coloniales. Une autre hypothèse concerne les effets sur les systèmes politiques métropolitains des retours et réaffectations administratives, notamment dans les services et organisations en charge des immigrés, de fonctionnaires engagés dans les administrations civiles, policières et militaires durant la colonisation et les guerres de libération. Ces transferts de la colonisation à la lutte antimigratoire, semblent d’autant plus efficients qu’ils prennent place dans une culture politique façonnée, dans son rapport aux étrangers, par des décennies de justifications intellectuelles et politiques de la colonisation ainsi que des rapports symboliques très dévalorisant avec les populations colonisées. Ces hypothèses amènent en outre à réexaminer les conditions historiques, motivations politiques et intérêts sociaux de la « fermeture des frontières » dans les Etats occidentaux au début des années 1970 ainsi que la genèse des premières politiques antimigratoires à cette époque. A cela s’ajoute aujourd’hui l’étude de la circulation et de la promotion/diffusion, à l’intérieur même de l’Union européenne, associant plusieurs Etats colonisateurs, des savoirs et des savoir-faire acquis en matière de contrôle des "flux migratoires", et, in fine, des techniques répressives employées contre les "clandestins", les immigrés ou ceux qui sont perçus comme tels.

Thème n°2 : Les formes ordinaires et actuelles de la xénophobie institutionnalisée (délations organisées, délits de solidarité, rafles...)

Dans le processus historique d’institutionnalisation de la xénophobie, l’action publique joue un rôle majeur dont les effets ne se mesurent pas principalement à l’aune des critères technocratiques d’évaluation des politiques publiques, mais de leurs effets idéologiques produits dans la société : les politiques publiques, en présentant comme « techniques » les solutions à des problèmes posés comme implicitement « évidents », imposent des idéologies aussi fortement que certains partis politiques. Elles imposent notamment certaines définitions de problèmes publiques en particulier celle de l’étranger surnuméraire comme un problème, un risque ou une menace pour la société. Ainsi, l’activisme étatique à l’encontre des étrangers sans papiers l’amène à déborder des garde-fous, à subvertir les tabous et à renier les droits fondamentaux que l’histoire a laissé comme traces des grandes dérives européennes. Dans cette perspective, nous nous intéressons particulièrement aux dispositifs juridiques et administratifs d’organisation de la délation politique : l’enrôlement de corps de fonctionnaires de plus en plus divers, loin de leurs missions initiales, dans le signalement à la police des étrangers « irréguliers ». Nous étudierons également la criminalisation des actes de solidarité avec les étrangers et les processus d’enrôlement des institutions policières et judiciaires dans la répression politique des citoyens venant en aide aux sans papiers. Nous nous intéresserons aussi au retour des phénomènes de rafles d’individus stigmatisés comme nuisibles ou délinquants, les recherches pouvant procéder par comparaison avec les actions policières observées dans les anciennes colonies ou, en métropole, dans d’autres périodes de l’histoire.

Thème n°3 : Dynamiques de mimétismes et de surenchères européennes

A l’heure où la multiplication des recherches autour du concept d’ « européanisation » tend à alimenter l’hypothèse d’une convergence entre les structures, les normes et les pratiques nationales, l’étude du phénomène d’institutionnalisation de la xénophobie conduit à s’interroger sur le sens réel de ces influences mutuelles en matière d’accueil et de traitement des étrangers : plutôt que de raisonner en termes de « convergence », ne peut-on pas parler d’un phénomène de surenchère, conduisant au bout du compte à un durcissement des politiques migratoires ? On analysera les interactions « horizontales » entre les Etats européens mais aussi les interactions « verticales » puisque les représentants des Etats agissent à « Bruxelles » ou à « Strasbourg » pour favoriser l’exportation de leurs pratiques nationales, tout en invoquant les contraintes européennes pour justifier des réformes internes. Sont également bienvenues les recherches s’intéressant aux modalités de la diffusion ou du transfert : comment s’opère la comparaison entre les politiques nationales ? Quels sont les critères et les techniques mis en scène pour identifier les « meilleures pratiques » et étalonner les « performances » respectives ? Pourquoi certains systèmes nationaux sont-ils distingués comme des modèles à imiter, ou au contraire stigmatisés comme des échecs à éviter ? Comment les acteurs nationaux se saisissent-ils du modèle extérieur pour le réinterpréter, le domestiquer ou le transformer ? Enfin se pose la question des effets de ces dynamiques. Dans quelle mesure favorisent-elles l’essor d’un langage commun ou l’adoption d’un agenda commun ? Peut-on déjà constater un rapprochement dans la qualification des « problèmes à traiter » et la délimitation de l’espace des solutions acceptables ?

Thème n°4 : Constructions intellectuelles et diffusions pédagogiques

L’institutionnalisation de la xénophobie semble dépendre, pour une part au moins, des productions intellectuelles, littéraires, politiques, scientifiques et pédagogiques en ce qu’elles donnent à voir ou au contraire occultent du rapport à l’étranger au cours de notre histoire et dans la participation qu’elles peuvent avoir à la construction de l’étranger comme problème, risque ou menace. A cet égard, les sciences humaines et sociales massivement professionnalisées à la fin du XXème siècle, alimentant les contenus pédagogiques du système scolaire, jouent un rôle dans l’évolution de la culture politique qui mérite d’être examiné au moment où celle-ci se trouve entraînée par la remontée des nationalismes xénophobes. Il conviendra en particulier d’analyser le rôle des travaux scientifiques dans la construction de problèmes publics d’ethnicité, d’intégration ou de risque démographique ou encore de menace économique ou culturelle. Cette analyse pourra se rapporter aux contenus publiés et à leurs modes de production notamment à l’état des relations financières, organisationnelles et symboliques entre les pouvoirs politiques et les chercheurs, ainsi qu’aux conditions politiques et économiques de production des manuels scolaires. On s’intéressera particulièrement aux contenus de ces manuels en ce qui concerne le traitement de certains moments historiques, comme ceux de la colonisation et de la décolonisation ainsi qu’aux silences de l’historiographie académique relative aux liens entre le fait colonial et les questions migratoires. Il serait bon également de voir comment ces thèmes sont présentés dans les curricula prescrits, dans les supports pédagogiques que constituent les manuels, les vidéos, etc. Certaines contributions pourraient mettre en évidence les tensions régnantes entre histoire scolaire et mémoire, à la fois dans les programmes et dans les curricula réels.


Le comité scientifique opérant la sélection des réponses et des contributions définitives est le Groupe de Pilotage de l’observatoire élu par les chercheurs et travaillant sous leur contrôle (cf. : http://observix.lautre.net) : Marc Bernardot, Jean-Baptiste Duez, Speranta Dumitru, Nacira Guénif, Nicolas Hossard, Benoît Larbiou, Olivier Le Cour Grandmaison, Roselyne Rochereau, Serge Slama, Jérôme Valluy.

Cet appel à contributions ouvre une démarche collective et annuelle en quatre étapes :

1) Merci de nous indiquer votre intention de participer en nous envoyant une pré-réponse avant le 30 janvier 2008 (Titre de contribution – Abstract en une dizaine de lignes – Curriculum vitae détaillé). Nous vous répondrons sous quinzaine.

2) les contributions sont à rendre le 30 mars 2008 pour publication dans un numéro l’intitulé « Institutionnalisation de la xénophobie en France » proposé à la revue en ligne Asylon(s) (http://terra.rezo.net/rubrique101.html) pour publication en avril 2008.

3) Les textes publiés seront mis en discussion lors d’un colloque à l’Assemblée Nationale (sous réserve de confirmation) les vendredi 30 et samedi 31 mai 2008.

4) Enfin, l’ensemble des travaux, des débats et des éventuelles initiatives complémentaires devrait permettre de publier, en fin d’année, un ouvrage collectif.

Pour répondre à l’appel, merci d’envoyer de toute urgence et au plus tard avec le 30 janvier 2008 à Jean-Baptiste DUEZ jbduez@hotmail.com Speranta DUMITRU speranta.dumitru@free.fr et Benoît LARBIOU blaison.larbiou@wanadoo.fr : 1) un titre de contribution ; 2) un abstract de dix lignes environ ; 3) un curriculum vitae détaillé. La réponse vous parviendra sous quinzaine pour une contribution à rendre le 31 mars 2008.













Me llaman Calle

17 janv. 2008

Un triomphe picard!

Un triomphe picard !

Le grand rebond en avant a commencé samedi dernier, à Amiens, où plus de trois cent personnes se sont soulevées dans une salle Dewailly archi-comble.

Gérard Filoche a proposé l'incarcération immédiate au Ritz de Denis Gauthier Sauvagnac et Laurence Parisot pour association de malfaiteurs et escroquerie en bande organisée. Notre Comité de Salut Public Picard a approuvé la mesure à l'unanimité.

Serge Halimi a réclamé que Tony Blair, Jacques Attali, Dominique Strauss-Kahn soient condamnés pour haute trahison du peuple de gauche. Nous avons demandé à ce que Vincent Peillon et Manuel Vals soient rajoutés sur la liste, et que leur peine consiste à curer les marais de la Somme. Pas une voix ne s'est élevée contre cette sentence.

On frôlait tellement l'insurrection que tout un rang de socialistes, oui, tout un rang de socialistes, dont le candidat PS à la mairie d'Amiens, a applaudi le retour à la lutte des classes ! Du jamais vu depuis longtemps.

La presse locale, bien sûr, n'a pas soufflé mot de notre soulèvement amiénois. C'est bon signe : ils redoutent que notre exemple n'allume d'autres foyers ailleurs. Mais même sans eux, sans les médias, l'incendie prendra bientôt dans les cœurs comme sur une plaine trop sèche.

Pour poursuivre sur cette lancée, nous recherchons des milliers de volontaires pour tracter un hors-série "Spécial Municipales", et des chanceux qui auraient discrètement accès à une photocopieuse. Contactez-nous à l'adresse suivante :
contact@fakirpresse.info

A la fin, c'est nous qu'on va gagner !
L'équipe de Fakir.

16 janv. 2008

Politique de civilisation?

L'ultra-libéralisme (entendez le capitalisme) est-il une "politique de civilisation"?

L'ultra-libéralisme est-il un Humanisme ou bien un fanatisme idéologique au service des Puissants?

La pensée unique, la casse sociale, le bradage des Services Publics aux faiseurs de fric, les salaires de misère pour les uns et les millions d'euros pour les autres, la part belle faite à l'économique plutôt qu'à l'Humain, la politique d'Etat aux mains des mécaniques du Marché, l'Europe de la banque Centrale et des délocalisations, la chasse aux chômeurs, la manipulation du Code du travail au profit du MEDEF, la précarisation des salariés, les quotas de 25000 reconduites d'étrangers par an à la frontière, le contrôle de la population par:
- le pouvoir, les caméras-video, les radars, la police, les agences de renseignement, les medias, la publicité, l'ANPE, l'administration, les organismes sociaux, l'école, Internet (Facebook...)... sont-ils les outils d'une "politique de civilisation"?

Le mépris, l'arrogance, la condescendance, le populisme, sont-ils de nouveaux concepts de civilisation?

La "politique de civilisation" de Nicolas Sarkozy est-elle une "politique de l'Homme" - tel que définit son concept Edgar Morin, auquel on a emprunté le terme?

A chaque citoyen d'en juger, en connaissance de cause... (voir les ouvrages d'Edgar Morin).

Cette dialectique, nous la connaissons déjà: l'ultra-libéralisme a pour habitude d'utiliser les concepts de ses adversaires, en les retournant à son propre profit. Ce n'est pas un hasard, ni une belle idée démocratique d'"ouverture" que le "débauchage" par Nicolas Sarkozy d'ex-militants de Gauche, et ses incessantes références aux idées, aux valeurs, aux figures historiques de la Gauche française (voire mondiale)!
C'est une tactique politique, systématique, destinée à faire le vide dans l'opposition.
Le risque pour la Démocratie, c'est l'uniformisation de la pensée politique, la perte de repères dans l'esprit des citoyens, le pouvoir absolu d'un homme, d'un parti, d'une pensée unique.

Rappelons-nous! Les ultra-conservateurs américains ont déjà utilisé cette stratégie dans leur
pays. Or celle-ci se retourne contre eux quelques années plus tard...

L'ami Charlie



Courrier des lecteurs

"Mutatis mutandis, la notion actuelle de social-démocratie est au règne du capitalisme ce que la notion de monarchie constitutionnelle était à la monarchie absolue : un moyen de sauver le régime en retardant indéfiniment, s'il se peut, l'idée qu'il faut en finir avec le principe même de l'ordre existant" ( De notre servitude involontaire », Alain Accardo, Ed Agone 2001.)

Tout à fait d'accord avec le texte de Daniel Bensaïd.

Voici en guise d'illustration de son propos, un petit bilan, non exhaustif, de l'action de la gauche au pouvoir dans les années 80-90
JS
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Années 80 :
Privatisations multiples et variées.

Les socialistes ont privatisé presque deux fois plus que la droite
(260 milliards de francs de privatisations contre 149 milliards) !!!
Aérospatial, Air France Matra, la CNP, le Crédit- Lyonnais, le groupe GAN et sa filiale le CIC Renault, France-Télécom, , la Snecma, Les autoroutes du Sud de la France, AGF, Usinor-Sacilor, la SFP, l’UAP, Péchiney, la Seita, Total, etc…

La gauche a vendu à une poignée d’actionnaires les entreprises que l’Etat (les contribuables) avaient financées et capitalisées avec les deniers publics entre les années 50 et les années 80. C’est au moment où ces entreprises sont devenues hautement lucratives qu’elle décide de les brader au privé, appliquant l’adage bien connu de « socialisons les coûts (d’investissement) et privatisons les profits ».

1983
Forfait journalier hospitalier
Sous le deuxième gouvernement Mauroy, loi du 19 janvier 1983

Création du forfait journalier hospitalier pour « diminuer les dépenses de Sécu » 3 euros à l’époque… 16 euros aujourd’hui.
En matière de Sécu l’action de la gauche au pouvoir a été à peu près identique aux politiques menées par la droite, passées et/ou à venir.
Cela revient à taxer les plus malades et à rompre avec les principes fondateurs de la Sécu. Plus longtemps tu seras hospitalisé et plus tu seras taxé…

1984
Réforme de l’indemnisation du chômage
UNEDIC (Bérégovoy-1984)

Cette réforme établit une stricte proportionnalité entre temps de cotisation et temps d’indemnisation. Elle prend acte du refus du patronat d’augmenter les ressources de l’UNEDIC. Elle exclut de fait de l’assurance-chômage les nouveaux demandeurs d’emploi qui n’ont jamais cotisé et que la gauche classera dans une nouvelle catégorie : les « exclus » ou « nouveaux pauvres » objets de la solidarité nationale. Pour réinjecter le discours sur la « solidarité nationale » la gauche avait absolument besoin d’inventer la notion «d’exclusion » et donc de créer « les exclus ».

1985
Libéralisation des mouvements de capitaux
(Cabinet de P. Mauroy-1985)

Financiarisation de l’économie
Tout le pouvoir aux actionnaires
La libéralisation des mouvements de capitaux a rendu la marge d’action des Etats très limitée, mettant irrémédiablement fin aux politiques de relance keynésienne
Ou de l’exercice de sabordage du politique par lui-même

1991
Création de la CSG (M.Rocard)
(Contribution Sociale Généralisée)

Remplacement de la cotisation maladie salariée par la CSG
Disqualification de la cotisation sociale comme mode de financement de la Sécu.
Déconstruction de la solidarité salariale.
Fiscalisation et inévitablement… étatisation de la Sécu
Pour un exposé complet cf Site de B. Friot http://pagesperso-orange.fr/epinore/charpent.html

1991
RMI (M.Rocard)
(Revenu minimum d’insertion)

Les socialistes créent donc les ressources nécessaires à financer le statut du nouveau pauvre (tous ceux qui n’ont pas droit à l’assurance chômage) dans une des sociétés les plus riches du monde ! Institution de la charité publique comme revenu de survie. Fractionnement du salariat.

1997
« Emplois jeunes »
(M. Aubry)
Les « emplois jeunes » sont l’exemple même de la destruction de la notion d’emploi tel qu’il a été défini et conquis au cours du 20ème siècle
Déni de qualification, car les jeunes en question avaient le niveau bac + 2 en moyenne
Déni de salaire
Cette catégorie a été construite sur un mensonge d’Etat : « Le chômage des jeunes » qui en réalité n’a jamais dépassé les 7-9% ! En effet dans la classe d’âge des jeunes de 18-25 ans, seule un quart des jeunes sont en activité ou demandeurs d’emploi, les autres poursuivent les études, sont en formation professionnelle, etc…

1999
Fonds de Réserve des retraites (dit aussi « Répartition provisionnée » - Jospin)

Véritable introduction des fonds de pension en France. Régression intellectuelle et politique fondée sur les sophismes de la rente (or « on ne finance jamais sa propre retraite » cf. article de J.M. Harribey ou les sophismes de la rente de Bernard Friot)

2000
CMU - Couverture Maladie Universelle- (Aubry reprend en 2000, le projet d’Alain Juppé de 1996 d’instaurer une AMU - Assurance maladie universelle)

Création d’une sécurité sociale pour les pauvres.
Rupture avec l’idée d’universalité de la Sécu.
Remplacement de la solidarité salariale par la charité publique.
« La CMU sert surtout à légitimer (par affiliation gratuite des « pauvres ») la part de plus en plus importante, à coté du régime de base, des assurances et des mutuelles dans la logique de l’accumulation financière ».
Cf Site de B. Friot ou
http://membres.lycos.fr/samu/cmu.html

2001
PPE (Jospin)
Prime pour l’Emploi
Déconstruction du salaire, payé par l’employeur, comme mode de rémunération du travail.
Déconstruction du statut de travailleur salarié.
Création du travailleur pauvre et allocataire rémunéré par un mixte de salaire et d’impôt de solidarité
Cf Site de B. Friot
http://pagesperso-orange.fr/epinore/huma2001%20imptts.html

2001
PPESV (L. Fabius)
Plan Partenarial d’Epargne Salariale Volontaire

Fractionnement et dualisation du salariat :
-Création du travailleur-rentier pour la partie haute du salariat, payé par un mixte de salaire et de rente (salaire+épargne salariale)
-et pour la partie basse du salariat, création du travailleur-allocataire, payé par un mixte de salaire et d’impôt (salaire+prime pour l’emploi)
Acclimatation idéologique des salariés à l’idée des fonds de pension.

Ces modes de rémunération sont exonérés de cotisations et donc réduisent le financement de la Sécu et donc sont destructeurs de la solidarité salariale.

Années 90
Exonérations massives de cotisations patronales « pour créer des emplois » (de 10 milliards d'euros par an dans les années 90 à 23 milliards d’exonérations en 2006 )

Diminution du salaire indirect ou socialisé, ce qui a entraîné une baisse des recettes de la protection sociale et donc mise en déficit de la Sécu, car les exonérations de cotisations ne sont jamais complètement compensées par des dotations budgétaires
Véritable trappe à bas salaires qui à la fois incite à maintenir et développer des emplois peu qualifiés et empêche toute promotion salariale.
CMU et RMI : Synthèse

« Mesures destinées aux plus pauvres, CMU et RMI relèvent d’une logique d’assistance (un minimum financé par l’impôt) et non pas d’un financement solidaire basé sur la cotisation sociale…Les gouvernements socialistes se sont rangés à des politiques économiques libérales…Ce choix politique est certainement moins coûteux à court terme…mais il tend à institutionnaliser l’existence d’une population durablement dépendante des revenus d’assistance » Julien Duval-Le mythe du « trou de la Sécu », avril 2007, Editions Raisons d’Agir

1998
1ère loi Aubry sur les 35 heures
Une des rares lois de gauche.
Partage des gains de productivité du travail sous forme de réduction du temps de travail
Mais en contrepartie : flexibilité, annualisation, blocage des salaires, remise en cause de toutes les conventions collectives, etc.

2000
2ème loi Aubry sur les 35 heures

Réductions des cotisations patronales sans aucune contrepartie en termes de création d'emplois.

Années 90
Autorisation administrative de licenciements massifs des dirigeants syndicaux ou de représentants du personnel par M. Aubry (15 000 par an)

Contribution à l'affaiblissement du syndicalisme et des rapports de force capital/travail
Aide active au patronat dans la mise au pas du monde du travail

2001 Nouveau code de la mutualité (Jospin)
Mise en concurrence des mutuelles avec les compagnies d'assurance privées.
Jospin transpose (sans y être obligé) une directive européenne qui met en concurrence les mutuelles avec les assurances.
Fin de la mutualité solidaire.
Dilemme : si les mutuelles s'alignent sur les assurances privées elles perdent leur vocation de solidarité et deviennent des organismes à caractère essentiellement financier. si elles refusent de s'aligner elles signent leur disparition à plus ou moins long terme

Autorisation du travail de nuit pour les femmes (Aubry)
Aubry transpose, sans y être obligée, une directive européenne qui, nom de l'égalité hommes/femmes, légalise le travail de nuit pour les femmes…
Véritable régression du droit du travail.
etc...

Comme l’a bien dit Alain Accardo , "Mutatis mutandis, la notion actuelle de social-démocratie est au règne du capitalisme ce que la notion de monarchie constitutionnelle était à la monarchie absolue : un moyen de sauver le régime en retardant indéfiniment, s'il se peut, l'idée qu'il faut en finir avec le principe même de l'ordre existant"

Une contribution de Manu

Courrier des lecteurs

Voici une info qui pourrait vous intéresser.
En activant la clause de sauvegarde la France pourrait peut etre inciter les autres pays européens dont le Portugal à mettre en oeuvre de véritables moyens de recherche pour évaluer les effets du mais transgénique sur la faune et la flore environantes.

Joaquim Soares
(S.Bartolomeu de Messines
Fonte Joao Luis)
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La France active la clause de sauvegarde pour interdire le maïs MON810
Les conclusions du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM ont été rendues publics. Elles vont très vraisemblablement conduire le gouvernement à activer la clause de sauvegarde contre la culture du maïs transgénique MON810, modifié pour produire un insecticide et résister à la pyrale du maïs. En effet, pour le Président du comité, le Sénateur UMP Jean-François Legrand, "un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs" ont été relevés au sujet du seul OGM cultivé commercialement en Europe. Ainsi, en présentant ses conclusions au Ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, le Sénateur n’a pas hésité à émettre des "doutes sérieux" sur les impacts du maïs MON810 à destination de divers micro-organismes non-cibles et sur le lombric, le ver de terre indispensable au bon fonctionnement des sols. Des doutes ont également été mis en évidence concernant l’impact de ce maïs sur plusieurs espèces de papillons et sur la faune aquatique du fait de la persistance, en milieu aquatique, de la toxine secrétée par cet OGM.
Au-delà de ces probabilités, les membres du comité ont relevé plusieurs points très contestables dans le dossier d’homologation de l’OGM au niveau européen. Il semblerait ainsi que "la dissémination à longue distance, sur plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres" des pollens soit une réalité et, à ce titre, des doutes ont été émis sur la qualité des évaluations des distances de disséminations présentées initialement. De même, la faiblesse des analyses toxicologiques qui ont prévalu pour l’autorisation du MON810 est soulignée. En conséquence, le comité recommande que des études complémentaires sur la variabilité de la toxine insecticide Bt, secrétée par l’OGM, soient effectuées sur des abeilles mais aussi d’autres animaux comme le rat. D’autre part, il est également recommandé de mettre en œuvre des études d’impacts de la culture du maïs MON810 sur les différents systèmes culturaux et, d’une manière générale, de son intérêt pour l’agriculture…

OGM : une importante victoire !

http://www.france.attac.org/spip.php?article8087

Le 11 janvier dernier, le gouvernement français s’est enfin décidé à invoquer la clause de sauvegarde européenne qui lui permet d’interdire la culture du seul OGM agricole autorisé en France, c’est-à-dire le maïs insecticide MON810 de la multinationale Monsanto.
Pour qu’un pays puisse activer cette clause de sauvegarde contre un OGM particulier, il lui est nécessaire d’apporter des éléments scientifiques nouveaux apparus depuis l’autorisation de cet OGM au niveau européen. En l’occurrence, ces éléments ont été avancés par la Haute Autorité provisoire sur les OGM, elle-même informée grâce aux réseaux syndicaux, associatifs et citoyens.
Les constatations de la Haute Autorité (HA) ont été que :
il est impossible d’éviter la contamination des filières agro-alimentaires non-OGM en cas de cultures OGM, les procédures d’évaluations des OGM comportent de graves lacunes, notamment parce qu’elles se basent sur une équivalence en substance entre un OGM et son parent non GM - alors que, dans le cas, précisément, du maïs MON810, il est avéré que la protéine insecticide produite n’est pas semblable à celle produite naturellement par la bactérie dont on a tiré le gène et donc nécessite d’être testée au moins aussi rigoureusement qu’un pesticide chimique, les pays fortement consommateurs d’OGM ne peuvent rendre compte de leurs impacts environnementaux et sanitaires du fait de l’absence de traçabilité, il est nécessaire, enfin, de mener des études d’intérêt économique au niveau local et au niveau international, de mettre en place un véritable programme de biovigilance et de prendre en compte les impacts des produits importés.
Grâce à l’action coordonnée des organisations anti-OGM, dont fait partie Attac, et grâce aux grévistes de la faim, aucun OGM agricole ne devrait donc être cultivé cette année. De plus, les constatations cruciales de la HA ont été, à travers cette décision gouvernementale, officialisées et doivent donner lieu à une attitude institutionnelle responsable.
Certes, tout n’est pas réglé : la loi de transcription de la directive européenne sur la dissémination des OGM, les essais en champ de nouveaux OGM, les importations d’OGM pour la nourriture animale (des millions de tonnes par an) et le rôle de représentant de l’industrie agroalimentaire du ministère de l’Agriculture, antagoniste à celui du ministère de l’Écologie (MEDAD), tout cela doit encore être mis au diapason de ces constatations et va bientôt faire l’objet de nouvelles campagnes militantes auxquelles Attac prendra part. L’un de nos principaux objectifs sera alors d’obtenir que ces constatations soient traduites dans le nouveau projet de loi, de façon que le droit de produire et de consommer sans OGM, promis dans les conclusions du Grenelle de l’environnement, soit garanti.
En outre, les nouvelles demandes d’autorisations d’OGM au niveau européen de la part des industries agrochimiques, le revirement injustifié de l’Allemagne qui avait, comme la France, invoqué la clause de sauvegarde, les contestations violentes des pro-OGM contre cette décision, ainsi que la décision parallèle et contradictoire du gouvernement d’investir 45 millions d’euros dans la recherche sur les biotechnologies végétales, sont autant d’événements de mauvais augure qu’il va falloir prendre en compte.
Mais, pour l’heure, il est important de célébrer cette avancée significative qui montre encore une fois à quel point nous pouvons, ensemble, réussir à faire évoluer les choses.

Attac France
Montreuil, le 15 janvier 2008

Merci à Manu pour cette contribution.

13 janv. 2008

CRISTINA BRANCO - Abril

"Sem sentimentalismos, sem rodeios, como o Sr. José Afonso era. O Zeca, o nosso Zeca, porque faz parte do imaginário contestatário, do gira-discos, do canto amigo. O Zeca foi e será sempre um exemplo de simplicidade, de convicção (mesmo quando dizia que nem sequer gostava de cantar!) É assim o amigo da minha adolescência, o amigo do meu canto, da minha busca pessoal.
Não trazemos nada de novo, vimos apenas lembrar. Até logo, companheiro!"

Cristina Branco

Milho transgénico mata abelhas em Silves



NOTA DE IMPRENSA
Novas suspeitas em volta do milho
transgénico de Silves
Um apicultor da zona do Poço Barreto (Silves) possuía 25 colmeias situadas nas proximidades do campo de milho transgénico plantado na Herdade da Lameira e que foi alvo da acção mediática do Movimento Verde Eufémia, no passado mês de Agosto.
Destas colmeias, 7 morreram e as restantes encontram-se num estado muito debilitado.

Tais factos terão sido comunicados a funcionários da Direcção Regional de Agricultura que os
ignoraram , tendo só agora chegado ao conhecimento da Associação Almargem.
Esta é uma situação grave que torna a colocar em cima da mesa a possível relação entre o
cultivo de milho transgénico e a perda de vitalidade das colmeias situadas nos arredores da
plantação.
Um estudo recente de investigadores portugueses da Faculdade de Ciências da Universidade
do Porto, publicado primeiro no “Journal of Apicultural Research” e depois na revista “O Apicultor” *, veio demonstrar a afectação de colmeias colocadas na vizinhança de campos de milho transgénico Bt (capaz de produzir a toxina do Bacillus thuringiensis, letal para lagartas e borboletas que atacam o milho), o mesmo que foi plantado na Herdade da Lameira. Segundo esse estudo, a toxina não ataca directamente as abelhas mas a sua presença nos favos desocupados provoca uma grande taxa de mortalidade nalgumas espécies de pequenas borboletas comedoras de cera que vivem habitualmente em simbiose com as colmeias, desempenhando aí uma importante função de limpeza e impedindo a proliferação de agentes patogénicos muito prejudiciais às abelhas.
O estudo dos investigadores portugueses confirma ainda outros dados importantes relativos
ao consumo de pólen de milho pelas abelhas, um facto que tem sido negado ou minimizado por responsáveis do Ministério da Agricultura. A verdade é que, durante o Verão quando outras fontes de alimento estão indisponíveis, as abelhas procuram efectivamente os campos de milho em flor e podem fazê-lo até distâncias próximas de 10 quilómetros. Este facto põe a ridículo a alegada “margem de segurança” de 200 metros, sistematicamente indicada pelo Ministério da Agricultura e pelos defensores dos OGMs como mais do que suficiente para evitar a contaminação de campos vizinhos.
Perante estes dados preocupantes, a Associação Almargem vem exigir ao Ministério da
Agricultura:
1. A suspensão imediata de qualquer nova autorização para cultivo comercial de plantas
transgénicas em Portugal e, em particular, no Algarve;
2. O desenvolvimento de novos estudos que permitam esclarecer a influência das abelhas e
outros insectos polinizadores na disseminação a grande distância do pólen de plantas
transgénicas;
3. A execução de análises independentes a amostras de mel produzido na zona de Poço
Barreto, com vista a detectar uma eventual contaminação que ponha em risco a saúde
pública.
Loulé, 3 de Dezembro de 2007
A Direcção
* B. Sabugosa-Madeira et al. (2007), Journal of Apicultural Research 46(1): 59-60; O Apicultor nº 67 (Julho-Setembro)

12 janv. 2008

ADRIANO - Aqui e Agora, o Tributo

"Não há amor como o primeiro. No caso de Adriano Correia de Oliveira, as pernas tremeram-lhe e o estômago fez-se frio com a poesia, antes de tudo o resto. "Desembarcado" em Coimbra, vindo da vila de Avintes - onde fizera crescera e "adolescera" - encontrou no meio académico da cidade um efervescente ambiente contestatário, idealista, de combate anti-fascista. Mais que na música, naturalmente, era na palavra (cantada) que residia o verdadeiro acto subversivo e de apelo à consciência e à resistência das massas. Só depois viria a guitarra e o fado de Coimbra. Só depois viria aquela voz grave e majestosa, capaz de secar tudo o que havia à sua volta. aquela voz que impunha o silêncio, aquela voz que Adriano oferecia a todos sem exigir nada em troca. Poeticamente - Adriano teria apreciado provavelmente a ironia - haveria de morrer nos braços da mulher que o trouxe ao mundo, na Avintes que o formou, fechando um ciclo de vida criminosamente curto.
A morte de Adriano teria sido sempre precoce. Mas foi-o ainda mais quando não lhe permitiu ultrapassar as quatro décadas de vida. " Era o melhor de nós todos, dizia Fausto. Apesar da afirmação, a verdade é que as suas canções cairam no esquecimento e para toda uma geração de músicos e de público, ficaram trancadas numa memória longínqua. Passaram a ser apenas um murmúrio. A distância de uma mão e ainda assim inacessíveis. Adriano ficou preso ao 25 de Abril e só aqueles que viveram com consciência esse período guardaram uma imagem do homem generoso que nunca se furtava a tocar no lugar mais improvável do país. Onde houvesse gente que o quisesse ouvir, ele estava lá.
Adriano Aqui e Agora - cujo título se inspira no marcante disco que Adriano lançou em 1971 e que constituiu um dos quatro álbuns do "Outono mágico de 71" (a par de lançamentos de José Afonso, José Mário Branco e Sérgio Godinho) - tenta repor a justiça. Tenta lembrar pela mão de músicos de hoje (que em alguns casos nem eram sequer nascidos quando Adriano morreu, há 25 anos) a urgência e premência das suas canções. Tenta recordar que houve um homem que marcou a música portuguesa e que a música portuguesa votou a uma estranha e inexplicável amnésia. E mostra sobretudo o resultado da admiração profunda de músicos que raramente conheciam a fundo a obra de Adriano. Só por isso, pela descoberta provocada em todos estes nomes e rendição imediata àquela voz imponente já valeria a pena. A isso acresce o prazer de saber que, a partir deste momento, terminado o disco e dado a escutar, essa descoberta se multiplicará e cumprirá finalmente o seu propósito: o de ressoar sempre e garantir que a frase batida de que a obra sobrevive ao artista é mais do que uma ideia romântica que gostamos de alimentar. Se as nossas mãos pouco puderam fazer para evitar o fim precoce de Adriano, cabe-lhes agora a justiça de lhe emitir um passaporte para a eternidade."

Gonçalo Frota

Charlie Hebdo - 10 janvier 2008




Triste Gauche du Centre (D. Bensaïd)

CONTRE BHL

Rouge2234, 10/01/2008

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Triste gauche du centre

Dans « Ce grand cadavre à la renverse » (Paris, Grasset 2007), Bernard-Henri Lévy, tentant de théoriser les renoncements de la gauche procapitaliste, stigmatise la « gauche radicale », taxée d’antilibéralisme, de nationalisme, d’anti-américanisme, de fascislamisme (!), de tentation totalitaire, de culte de l’histoire, et, bien sûr, d’antisémitisme… Dans son livre, « Un nouveau théologien, B.-H. Lévy », publié ce mois-ci par Nouvelles Éditions Lignes (2007, 12,5 euros), Daniel Bensaïd réfute méthodiquement ces accusations. « Rouge » en reproduit quelques « bonnes feuilles », avec l’aimable autorisation de l’éditeur.

« Cette gauche décomposée, en quête d’auteurs et d’acteurs, qui fait tourner à vide la rhétorique de la rénovation et de la modernisation, est logiquement devenue réceptive aux sirènes sarkozystes. On a crié au débauchage. On s’est indigné des trahisons. On a vilipendé les transfuges. Les frontières étaient pourtant depuis longtemps devenues si poreuses que les Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Jouyet, Fadela Amara, Martin Hirsch, Jacques Attali, Jack Lang n’ont pas été infidèles à la gauche. Ils sont restés fidèles à eux-mêmes, jusqu’à un certain point et dans une certaine mesure, et ils font au service de M. Sarkozy avec le même zèle, avec la même application, ce qu’ils auraient tout aussi bien fait au service de Mme Royal. Tous sont frappés du syndrome « rivière Kwaï » : ils gèrent et gouvernent comme l’officier prisonnier construisait un pont, le plus beau pont et, comme lui, ils ont oublié, ou peu leur importe, pour qui. D’autres suivront. D’autres – Julien Dray le confesse dans son livre, Règlements de comptes – en crèvent d’envie. La crainte d’un mauvais pari les retient, plutôt que la fidélité à des principes depuis longtemps tournés en dérision.

« De cette mutation, de cette conversion, de cette venteuse rotation, Bernard-Henri Lévy entend être, sinon le penseur, du moins l’idéologue. Il l’attendait. Il s’en réjouit. […] La gauche selon M. Lévy, c’est ce qui reste quand on a enlevé le haut et le bas, quand on a forclos la question de la justice sociale, et effacé son principe égalitaire. Il l’admet au demeurant de bonne grâce : “C’est vrai, je me suis plus intéressé à la misère bosniaque qu’à la misère du coin de la rue. Je suis un peu sourd à la question sociale. Que voulez-vous, on écrit avec son intelligence et avec son inconscient.” Commode surdité ; faut-il comprendre que l’intelligence est hermétique à la misère banale, ordinaire, trop peu médiatique du “coin de la rue” ? Ou bien que l’inconscient philosophique a subi de tels traumatismes politiques qu’il refoule désormais ses pulsions sociales ? […]

Brouiller les cartes

« Pour Bernard-Henri, le “coin de la rue”, ces triviales histoires de feuilles de paye, de logements insalubres, de franchises médicales, manquent décidément de souffle lyrique.

« Sa gauche en images, la gauche imaginaire de son livre d’heures, est une gauche sans classes, sans exploités, une gauche “sociétale” amputée de la gauche sociale, oublieuse de ses interruptions grévistes de 1936, de 1968, de 1995, de 2003. Trop sépias, ces défilés de cheminots et de postiers, trop prosaïques, ces cortèges pour la défense du service public ou des retraites. Trop corpos, trop ringards, pas assez flamboyants. Le peuple du “coin de la rue” prend décidément trop mal la lumière des projecteurs. […]

« Pour que la gauche d’imposture que M. Lévy s’empresse de secourir puisse encore faire illusion en se présentant comme la seule possible, la seule raisonnable, la seule concevable, il se doit de disqualifier l’autre gauche, d’exorciser ses vieux démons. Pour que sa nouvelle gauche moderne, riche de candidats aux transferts, puisse être “sans frontières” sur sa droite, il faut la garder et la murer solidement sur sa gauche. Il faut donc changer les noms, brouiller les cartes, inverser les valeurs. Il faut, absolument, par un simple détournement rhétorique orwellien, par un détournement de novlangue aussi audacieux que celui transformant les exploités en privilégiés et les patrons en otages, il faut donc que la gauche fidèle, la gauche non reniée, non frelatée, non repentie, soit stigmatisée comme étant la droite, comme étant cette “gauche de droite” que Pierre Moscovici sent, avec le même flair que Bernard-Henri Lévy, “monter et revenir”. Sous Besancenot, Doriot et Déat ? Tout simplement. […]

Reniements

« Bernard-Henri Lévy n’en brosse pas moins de la “gauche radicale” un sombre portrait, où s’accumulent les “ismes” infamants – antilibéralisme, nationalisme, anti-américanisme, antisémitisme, “fascislamisme”. Nous ne nous reconnaissons dans aucun d’entre eux. Mais, pour que la gauche rénovée façon Lévy-Royal puisse mener en bonne conscience, en toute tranquillité, en parfaite sérénité, sa nouvelle vie au centre, elle se doit de conjurer le spectre d’une gauche de gauche, tout comme M. Sarkozy entend conjurer celui de Mai 68, et de chasser le mauvais rêve d’une gauche radicale susceptible de venir hanter “l’ordre juste” dans son injuste sommeil. Il lui faut en finir avec l’hypothèse révolutionnaire, déjà euphémisée sous Mitterrand et réduite à un simple “changement” sans rupture.

« “La question ‘la révolution est-elle possible ?’ a cédé la place à une autre, bien plus troublante et surtout bien plus radicale : ‘la révolution est-elle désirable ?’”, répète Bernard-Henri Lévy en s’appropriant les termes de Foucault. Il se contente d’ajouter que la question est aujourd’hui tranchée : “La réponse est devenue ‘non’, clairement ‘non’, ou en tout cas pour peu de gens.” Ce “peu de gens”, ces gens de peu, cette canaille dont obstinément nous sommes. Car la révolution telle que nous l’entendons, celle qui nous presse de changer le monde avant qu’il ne nous écrase, est affaire de besoin autant que de désir. Elle est plus que jamais urgente, à défaut d’être désirable. Il s’agit précisément de la rendre possible. Car ce que ne comprendrons jamais les socialistes du centre, les tièdes et les tempérés, c’est que, lors même qu’une pratique de révolution paraît impossible, aucune pratique de réforme n’avance qui ne soit accompagnée et soutenue par une pensée de la révolution.

« Pierre Moscovici s’enthousiasme pour cette gauche moderne, “dépouillée de l’utopie révolutionnaire”, pour cette “gauche mélancolique” que lui offre le théologien inorganique : “Cette gauche-là, dit-il, est la mienne.” Confirmation, s’il en était besoin, qu’il y a bien sa (leur) gauche, et la nôtre. Qui en doutait ? […] Bernard-Henri Lévy, lui, ne reproche pas à la gauche ses démissions et ses reniements, mais de ne pas s’être assez démise et pas assez reniée. Il lui demande encore un effort pour accepter d’être sans complexe le centre mou qu’elle est devenue.

Daniel Bensaïd


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Envoyé par Fernando Batista