Un lieu de résistance à la marchandisation du monde et d'immenses saudades de l'Algarve
16 oct. 2010
Violences policières contre les jeunes - octobre 2010
Hier matin, je fumais une clope en bas de l'immeuble dans lequel je travaille, dans une très petite ville de province, quand soudain les yeux me piquent, et les picotements m'obligent à éternuer...
En même temps, à quelques 200 mètres je vois des jeunes qui paraissent venir d'un lycée voisin, et qui reculent apeurés, et après, viennent dans la foulée, des cars de CRS et des voitures de la police nationale et municipale...
Dialoguant avec des personnes à côté de moi, je me rends compte que la gêne venait des gaz lacrymogènes lancés sur les lycéens, qui paraissaient aussi hostiles envers les forces de l'ordre que des lapins domestiques...!
Où est l'erreur? Ce pays serait-il devenu l'avatar de la Corée du Nord où personne n'ose parler, une soit-disante démocratie européenne, inventrice des Droits de l'Homme, sclérosée par une gouvernance de classe, populiste et ultra-libérale, qui cherche à sauvegarder ses privilèges?
9 oct. 2010
Mama Congo
Um grito de alerta "Mama Congo", poema de Maria Melo na voz de Joaquim Sustelo.
Segundo a ONU, o Congo é o país mais sexualmente violento do mundo. Durante anos, as vítimas de violação, por vergonha, calaram -se, enquanto o governo negava o problema.
"Volto do inferno. Procuro desesperadamente uma maneira para lhes contar o que vi e ouvi na República Democrática do Congo. Procuro uma maneira para lhes narrar as histórias e as atrocidades, e, ao mesmo tempo, evitar que fiquem abatidos, chocados ou afetados mentalmente. Procuro uma maneira de lhes transmitir o meu testemunho sem gritar, sem me imolar ou sem procurar uma AK 47." Peter Ensel, dramaturgo e activista.
Posted by Bloquista in Youtube
6 oct. 2010
“Não é verdade que Portugal fica melhor se o povo estiver pior”
Francisco Louçã criticou o discurso de Sócrates nas comemorações do 5 de Outubro. Carvalho da Silva, secretário geral da CGTP, disse que as referências negativas do primeiro-ministro devem ser uma reflexão sobre o “tipo de governação que tem feito”.
Posteriormente, após a inauguração da primeira sede do Bloco em Odivelas, Francisco Louçã acusou Cavaco Silva e Sócrates, PS e PSD de terem uma visão comum da economia que se traduz em orçamentos desastrosos.
Sobre o orçamento para 2011, o coordenador da comissão política do Bloco de Esquerda afirmou: “As linhas gerais do próximo orçamento anunciam o acentuar de um ataque aos salários, ao Estado Social e ao Serviço Nacional de Saúde, coisa que o PSD e o PS com o apoio do presidente têm vindo a defender”.
Louçã disse ainda que a Greve Geral, convocada pela CGTP para 24 de Novembro, terá um apoio “empenhadíssimo dos activistas do Bloco de Esquerda”: “Será um empenho empresa a empresa, freguesia a freguesia, concelho a concelho, para que possa ser uma greve muito representativa e mobilizadora”.
Também Carvalho da Silva criticou as intervenções de Cavaco Silva e José Sócrates nas comemorações do centenário da República.
Sobre a insistência de Cavaco Silva na necessidade de “responsabilidade de todos”, o secretário-geral da CGTP disse à agência Lusa que “há que descodificar o conceito de responsabilidade, porque senão teríamos uma responsabilidade sinónimo de submissão à situação presente e isso seria um desastre”. E acrescentou: “o acto de responsabilidade de um desempregado que procura trabalho mas não encontra” ou de “um jovem a quem só dão trabalho precário, tem que ser um acto de denúncia”, mas um acto de responsabilidade “de um empresário que acumula riqueza à custa destas limitações, já não pode ser esse: tem que ser o de distribuir alguma da riqueza acumulada indevidamente”.
À TSF, o secretário-geral da CGTP respondeu a Sócrates, dizendo que as referências à “inconsequência, irresponsabilidade, negativismo e irrealismo”, devem ser uma espécie de reflexão sobre o “tipo de governação que tem feito”.
Carvalho da Silva sublinhou ainda que “na situação actual, a primeira atitude de responsabilidade de uma pessoa que recebe apoios sociais e mínimos e que não tem outra protecção não pode deixar de ser reivindicar que melhorem um pouco a sua vida”.
Publicado em Esquerda (http://www.esquerda.net)
Réseau TERRA
Bulletin mensuel de TERRA Réseau scientifique de recherche et de publication |
| TERRA Mensuel n°1 - septembre 2010 |
Nouveau site amélioré et en cours d’optimisation du réseau scientifique TERRA :
Tout en prolongeant le précédent, ce nouveau site web a été conçu pour faciliter la navigation interne des visiteurs, favoriser la lecture en ligne des textes tout en valorisant nos quatre principales publications :
1) le recueil Alexandries qui accueille maintenant neuf collections dont les dernières publications, toutes en accès libre, sont à la Une de chaque collection.Tout en prolongeant le précédent, ce nouveau site web a été conçu pour faciliter la navigation interne des visiteurs, favoriser la lecture en ligne des textes tout en valorisant nos quatre principales publications :
2) Asylon(s), revue à comité de relecture, qui vient de publier son huitième numéro, tous les numéros sont en accès libre.
3) la collection TERRA aux Editions Du Croquant dont les livres peuvent être découverts (résumé, table des matières, introduction...) sur le site.
4) l'encyclopédie TERRA qui vient juste d'être ouverte.
Bien cordialement,
L'Equipe Editoriale de TERRA :
Michel Agier - Rémy Bazenguissa-Ganga - Marc Bernardot - Didier Bigo - Laurent Bonelli - Alain Brossat - Patrick Bruneteaux - Elsa Dorlin - Milena Doytcheva - Jules Falquet - Jane Freedmann - Nacira Guénif - Eric Guichard - Rada Ivekovic - Olivier Le Cour Grandmaison - Arnaud Lemarchand - Alain Oriot - Salvatore Palidda - Hélène Thomas - Jérôme Valluy - Aurélie Veyron-Churlet - Chloé Anne Vlassopoulou
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REVUE Asylon(s)
7 . Que veut dire traduire ? - REVUE Asylon(s) n°7, 2009 - 2010, sous la direction de Rada Ivekovic. - "Traduire, c’est la démarche même de l’asile et signifie réciprocité ; c’est un désir de se relier, de se mêler, de se connaître et de se rapprocher. C’est la construction du commun comme projet. C’est aussi, en général, la tentative de surmonter le cadre national limitatif. Bien sur, cela peut être autre-chose aussi, mais nous œuvrons à cette traduction là. Les articles rassemblés ici sont le fruit d’une série de conférences "Les Jeudis des sciences sociales. (...)" - Lire la suite : http://www.reseau-terra.eu/article889.html
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8 . Radicalisation des frontières et promotion de la diversité. Les figures d'un paradoxe. - REVUE Asylon(s), n°8, juillet 2010, sous la direction de Marc Bernardot & Milena Doytcheva. - "La période actuelle est marquée par la simultanéité et la jonction dans les discours et les politiques publics entre, d’une part, la valorisation de la « diversité » et de la « mixité » et, d’autre part, la stigmatisation de l’Autre, notamment incarné dans la figure du migrant et de l’exilé. (...)" - Lire la suite : http://www.reseau-terra.eu/article954.html
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Collection TERRA aux Editions Du Croquant
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Collection TERRA aux Editions Du Croquant
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| Enfermés dehors - Enquêtes sur le confinement des étrangers Carolina Kobelinsky, Chowra Makaremi, (dir.) Mars 2009 Centres et locaux de rétention, centres d’accueil pour demandeurs d’asile, zones d’attente, prisons… En France, comme ailleurs en Europe, la mise à l’écart des étrangers dans des lieux d’enfermement ou de résidence provisoires est devenue de plus en plus courante. Quelle est la vie réelle de ces lieux qui (...) http://atheles.org/editionsducroquant/terra/enfermesdehors/ |
| Migrations transsahariennes - Vers un désert cosmopolite et morcelé (Niger) Julien Brachet Novembre 2009 Depuis le début des années 2000, les flux migratoires qui traversent le Sahara central focalisent l’attention des médias et des pouvoirs publics, tant en Afrique qu’en Europe. En dépit des obstacles qui entravent la circulation (...) http://atheles.org/editionsducroquant/terra/migrationstranssahariennes/ |
| Les vulnérables - La démocratie contre les pauvres Hélène Thomas Février 2010 Depuis le début des années 1980, les démocraties et les organisations internationales ont modifié leur approche des populations défavorisées, revenant sur plus de deux siècles de développement et de mise en œuvre des idées progressistes de promotion sociale et d’accès à la citoyenneté. La notion de (...) http://www.atheles.org/editionsducroquant/terra/lesvulnerables/index.html |
| L’arrière-cour de la mondialisation - Ethnographie des paupérisés Patrick Bruneteaux, Daniel Terrolle, (dir.) Septembre 2010 Cet ouvrage explore les mondes de la pauvreté en se proposant de sortir du débat français sur l’exclusion. À partir d’analyses internationales neuves sur les différents visages de la paupérisation et de la survie des surnuméraires (...) http://www.atheles.org/editionsducroquant/terra/larrierecourdelamondialisation/index.html |
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2 oct. 2010
A jangada de pedra
O país a afundar-se e o Sócrates a dar, a dar...
Quem quer de Portugal?.... (Está á venda no mercado internacional...)
Portugueses, levantai!....
(Sei perfeitamente que a Direita sería um mal mil vezes pior).
Les années sombres
Depuis son avènement au pouvoir, Sarkozy a fait de la France un pays triste et sombre, des citoyens sans espoir, une politique haïe dans le monde entier...
11 juil. 2010
Manque d'humour
Chers AMG,
Désolés, mais jamais nous ne pourrons diffuser les centaines de messages que nous avons reçu au sujet de Porte et Guillon, sur le répondeur, par mail, sur le site, par courrier... La plupart disent la même incompréhension, la même colère, le même attachement à France inter (et bien sûr à Là-bas !). Certains sont drôles, certains exagèrent, certains développent des analyses argumentées. Beaucoup voient l’Elysée derrière ces évictions, beaucoup s’en prennent à la direction, beaucoup s’en prennent à la terre entière. Au sujet des « petits tyrans », Sarah cite Machiavel : « La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples ». Le genre de phrase qui nous donne envie de continuer « Là-bas » en espérant que vous serez encore là à la rentrée. N’oubliez pas que les actionnaires c’est vous ! Un auditeur suggère un sujet sur le financement de Radio France dont l’histoire remonte au programme du Conseil National de Résistance.
Nous reviendrons sur tout cela à partir du 30 août.
Pour tenir jusque-là, et puisque « l ‘humour fait partie de l’ADN de France inter » voici un message adressé par une auditrice qui signe « Marie B. ». Elle n’a pas laissé d’adresse, et nous espérons qu’elle ne nous en voudra pas de vous adresser cette histoire, mais comment résister à l’envie de partager cette petite douceur ?
C’est la question qui hante France inter. Suite à l’éviction de Didier Porte et de Stéphane Guillon, on ne compte plus les milliers de messages d’auditeurs qui continuent d’arriver pour dire leur colère et jurer qu’ils n’écouteront plus jamais cette radio.
Mais que fait la direction devant cette hémorragie sans précédent ?
Seul, barricadé dans son bureau, le directeur se frotte les mains. Oui, il est ravi, il se sourit à lui-même, tout fier de la mission accomplie. Une mission très claire : faire fuir le plus d’auditeurs possible.
La mise à pied brutale des deux humoristes n’est pas une gaffe stupide, c’est l’exécution d’une feuille de route bien précise. Aux yeux du pouvoir actuel, France inter est un repère de bobos socialistes et d’islamo- gauchiste, c’est surtout et avant tout un bastion de l’anti sarkozysme.
Or, à l’approche des présidentielles, pas question de négliger le moindre détail. Il faut restructurer cette antenne « de façon plus objective » selon l’Elysée.
Conseillé par sa compagne Carla Bruni, le Président lui-même a esquissé une nouvelle grille : Jean-Marie Bigard pour la matinale, Serge Dassault pour les banlieues, Alain Finkielkraut et Michel Sardou pour les grandes idées, Etienne Mougeotte pour le rire, Liliane Bettencourt pour parler d’amour...
Un bien beau projet mais de longue haleine. Le temps pressait, et - on l’a vu - les auditeurs n’apprécient guère que l’on change leurs habitudes.
Donc une autre idée s’est imposée. Pour lutter contre la propagande socialo-communiste, le moyen le plus efficace c’est de faire baisser l’audience. Mais encore fallait-il trouver celui qui l’appliquerait. Prendre une entreprise en bonne santé et la conduire dans le mur n’est pas à la portée du premier venu. Sauf à trouver quelqu’un de suffisamment incompétent et qui serait prêt à tout pour se voir dans le miroir du pouvoir. C’est ainsi que s’imposa le nom de Philippe Val. C’est, dit-on, Carla Bruni en personne qui suggéra le patron de Charlie hebdo, célèbre pour n’avoir pas hésité en juin 2008 à faire accuser d’antisémitisme le vieux dessinateur Siné dont il voulait se débarrasser. Le tribunal reconnut la complète innocence de Siné et les lecteurs laissèrent tomber ce journal comme un fruit pourri.
Coup double pour Val qui, en un temps record, réussit à perdre à la fois un procès et un journal. Cette prouesse allait lui ouvrir les portes de France Inter. C’est Carla qui lui annonça la bonne nouvelle.
Pour masquer sa parfaite ignorance de la radio, il eut l’idée de faire appel à son vieil ami Jean-Luc Hees, ancien grand professionnel de la profession retiré dans le bocage normand à cultiver ses tomates, ses choux et son cheval. Contre un bon salaire et une belle auto (avec chauffeur), Hees accepta le job de Président que lui offrit Nicolas Sarkozy, sur lequel il avait écrit un livre passé inaperçu. Etait-il à jeun en signant son engagement ? On l’ignore. Le lendemain, une fois dissipées les brumes matinales, il s’aperçut qu’il n’y avait pas de marche arrière ni même de frein dans son contrat. Et il comprit que jusqu’à la fin du film, il porterait le chapeau avec écrit en gros « Sarkozy » dessus. Oui, jusque dans son cercueil, sur son chapeau de cow-boy il y aurait, indélébiles, les sept lettres « Sarkozy ».
L’ordre d’éliminer les auditeurs ne fut jamais formulé par le pouvoir. On savait que ces deux-là ne manqueraient pas la première occasion pour combler les attentes de l’actionnaire-Président. On reconnaît les grands professionnels à ce qu’il n’est plus nécessaire de leur donner des ordres. Une petite tape sur le derrière de temps en temps leur suffit, ou une décoration.
En juin 2010, la façon de congédier les deux humoristes les plus populaires du pays et qui assuraient une excellente audience a surpassé toutes les attentes : la brutalité, la mauvaise foi, l’arrogance. Tous les ingrédients pour enrager l’auditeur et le faire fuir vers d’autres radios, Europe 1 par exemple, la radio de l’ami Lagardère.
« Barrez-vous, tas de cons ! Barrez-vous ! » répétait tout seul le directeur enfermé dans son bureau en voyant sur l’écran le nombre de messages et de signatures au bas des pétitions. Certes, pensait-il, il reste des émissions auxquelles les auditeurs sont attachés. Il faudra les déplacer à des horaires confidentiels, les gommer de la une du site de la chaîne, leur refuser toute promotion... Et puis, après tout, pourquoi France inter échapperait au sort de tous les Services Publics ? Nous sommes dans une époque de rigueur et de réduction des coûts. Il y a là des économies à faire et des bouches à faire taire.
Mais voilà qu’il est interrompu par la rumeur d’une manif sous ses fenêtres. Entre les lamelles du store il aperçoit sur le parking de la maison de la radio, la foule des auditeurs venus protester contre la mise à pied des deux chroniqueurs à l’appel de l’intersyndicale. Il les entend faire rire la foule en promettant du goudron et des plumes pour la direction, c’est-à-dire lui-même ! Et là, seul dans son bureau, il glousse de plaisir. Se faire haïr par une foule d’imbéciles est une rare jouissance pour un esthète.
Il sent son portable vibrer dans sa poche. C’est un message de félicitation, signé Nicolas. Il pense que c’est son ami Nicolas Demorand, l’animateur vedette de la chaîne, qui le félicite d’avoir viré Didier Porte. On se souvient en effet comment Demorand, sur Canal+, le 5 juin, avait condamné Didier Porte et approuvé son renvoi.
Mais non, le message est signé « Nicolas S. »
S. comme ... heu...
Le directeur ressent comme une bouffée de chaleur, il lui semble même éprouver une légère érection.
Malgré le tremblement de sa main, il parvient enfin à lire le message :
« Cass’toi pauv’con ! t’ es viré ! »
Désolés, mais jamais nous ne pourrons diffuser les centaines de messages que nous avons reçu au sujet de Porte et Guillon, sur le répondeur, par mail, sur le site, par courrier... La plupart disent la même incompréhension, la même colère, le même attachement à France inter (et bien sûr à Là-bas !). Certains sont drôles, certains exagèrent, certains développent des analyses argumentées. Beaucoup voient l’Elysée derrière ces évictions, beaucoup s’en prennent à la direction, beaucoup s’en prennent à la terre entière. Au sujet des « petits tyrans », Sarah cite Machiavel : « La meilleure forteresse des tyrans c’est l’inertie des peuples ». Le genre de phrase qui nous donne envie de continuer « Là-bas » en espérant que vous serez encore là à la rentrée. N’oubliez pas que les actionnaires c’est vous ! Un auditeur suggère un sujet sur le financement de Radio France dont l’histoire remonte au programme du Conseil National de Résistance.
Nous reviendrons sur tout cela à partir du 30 août.
Pour tenir jusque-là, et puisque « l ‘humour fait partie de l’ADN de France inter » voici un message adressé par une auditrice qui signe « Marie B. ». Elle n’a pas laissé d’adresse, et nous espérons qu’elle ne nous en voudra pas de vous adresser cette histoire, mais comment résister à l’envie de partager cette petite douceur ?
Y’aura-il encore des auditeurs à la rentrée ?
Par Marie B.
C’est la question qui hante France inter. Suite à l’éviction de Didier Porte et de Stéphane Guillon, on ne compte plus les milliers de messages d’auditeurs qui continuent d’arriver pour dire leur colère et jurer qu’ils n’écouteront plus jamais cette radio.
Mais que fait la direction devant cette hémorragie sans précédent ?
Seul, barricadé dans son bureau, le directeur se frotte les mains. Oui, il est ravi, il se sourit à lui-même, tout fier de la mission accomplie. Une mission très claire : faire fuir le plus d’auditeurs possible.
La mise à pied brutale des deux humoristes n’est pas une gaffe stupide, c’est l’exécution d’une feuille de route bien précise. Aux yeux du pouvoir actuel, France inter est un repère de bobos socialistes et d’islamo- gauchiste, c’est surtout et avant tout un bastion de l’anti sarkozysme.
Or, à l’approche des présidentielles, pas question de négliger le moindre détail. Il faut restructurer cette antenne « de façon plus objective » selon l’Elysée.
Conseillé par sa compagne Carla Bruni, le Président lui-même a esquissé une nouvelle grille : Jean-Marie Bigard pour la matinale, Serge Dassault pour les banlieues, Alain Finkielkraut et Michel Sardou pour les grandes idées, Etienne Mougeotte pour le rire, Liliane Bettencourt pour parler d’amour...
Un bien beau projet mais de longue haleine. Le temps pressait, et - on l’a vu - les auditeurs n’apprécient guère que l’on change leurs habitudes.
Donc une autre idée s’est imposée. Pour lutter contre la propagande socialo-communiste, le moyen le plus efficace c’est de faire baisser l’audience. Mais encore fallait-il trouver celui qui l’appliquerait. Prendre une entreprise en bonne santé et la conduire dans le mur n’est pas à la portée du premier venu. Sauf à trouver quelqu’un de suffisamment incompétent et qui serait prêt à tout pour se voir dans le miroir du pouvoir. C’est ainsi que s’imposa le nom de Philippe Val. C’est, dit-on, Carla Bruni en personne qui suggéra le patron de Charlie hebdo, célèbre pour n’avoir pas hésité en juin 2008 à faire accuser d’antisémitisme le vieux dessinateur Siné dont il voulait se débarrasser. Le tribunal reconnut la complète innocence de Siné et les lecteurs laissèrent tomber ce journal comme un fruit pourri.
Coup double pour Val qui, en un temps record, réussit à perdre à la fois un procès et un journal. Cette prouesse allait lui ouvrir les portes de France Inter. C’est Carla qui lui annonça la bonne nouvelle.
Pour masquer sa parfaite ignorance de la radio, il eut l’idée de faire appel à son vieil ami Jean-Luc Hees, ancien grand professionnel de la profession retiré dans le bocage normand à cultiver ses tomates, ses choux et son cheval. Contre un bon salaire et une belle auto (avec chauffeur), Hees accepta le job de Président que lui offrit Nicolas Sarkozy, sur lequel il avait écrit un livre passé inaperçu. Etait-il à jeun en signant son engagement ? On l’ignore. Le lendemain, une fois dissipées les brumes matinales, il s’aperçut qu’il n’y avait pas de marche arrière ni même de frein dans son contrat. Et il comprit que jusqu’à la fin du film, il porterait le chapeau avec écrit en gros « Sarkozy » dessus. Oui, jusque dans son cercueil, sur son chapeau de cow-boy il y aurait, indélébiles, les sept lettres « Sarkozy ».
L’ordre d’éliminer les auditeurs ne fut jamais formulé par le pouvoir. On savait que ces deux-là ne manqueraient pas la première occasion pour combler les attentes de l’actionnaire-Président. On reconnaît les grands professionnels à ce qu’il n’est plus nécessaire de leur donner des ordres. Une petite tape sur le derrière de temps en temps leur suffit, ou une décoration.
En juin 2010, la façon de congédier les deux humoristes les plus populaires du pays et qui assuraient une excellente audience a surpassé toutes les attentes : la brutalité, la mauvaise foi, l’arrogance. Tous les ingrédients pour enrager l’auditeur et le faire fuir vers d’autres radios, Europe 1 par exemple, la radio de l’ami Lagardère.
« Barrez-vous, tas de cons ! Barrez-vous ! » répétait tout seul le directeur enfermé dans son bureau en voyant sur l’écran le nombre de messages et de signatures au bas des pétitions. Certes, pensait-il, il reste des émissions auxquelles les auditeurs sont attachés. Il faudra les déplacer à des horaires confidentiels, les gommer de la une du site de la chaîne, leur refuser toute promotion... Et puis, après tout, pourquoi France inter échapperait au sort de tous les Services Publics ? Nous sommes dans une époque de rigueur et de réduction des coûts. Il y a là des économies à faire et des bouches à faire taire.
Mais voilà qu’il est interrompu par la rumeur d’une manif sous ses fenêtres. Entre les lamelles du store il aperçoit sur le parking de la maison de la radio, la foule des auditeurs venus protester contre la mise à pied des deux chroniqueurs à l’appel de l’intersyndicale. Il les entend faire rire la foule en promettant du goudron et des plumes pour la direction, c’est-à-dire lui-même ! Et là, seul dans son bureau, il glousse de plaisir. Se faire haïr par une foule d’imbéciles est une rare jouissance pour un esthète.
Il sent son portable vibrer dans sa poche. C’est un message de félicitation, signé Nicolas. Il pense que c’est son ami Nicolas Demorand, l’animateur vedette de la chaîne, qui le félicite d’avoir viré Didier Porte. On se souvient en effet comment Demorand, sur Canal+, le 5 juin, avait condamné Didier Porte et approuvé son renvoi.
Mais non, le message est signé « Nicolas S. »
S. comme ... heu...
Le directeur ressent comme une bouffée de chaleur, il lui semble même éprouver une légère érection.
Malgré le tremblement de sa main, il parvient enfin à lire le message :
« Cass’toi pauv’con ! t’ es viré ! »
Marie B.
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3 Juillet 2010
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